Weird Dreams, un court hypnotique

Masanobu Hiraoka, vous connaissez ? Je dois avouer qu’avant de consacrer ce post à sa nouvelle vidéo baptisée « Weird Dreams », j’ignorais jusqu’à l’existence de ce réalisateur nippon pourtant bourré de talents.

Bercé par une excellente musique électro, on découvre un court à l’animation impeccable entre courbes et lignes droites, couleurs pastels, douces et plus franches, légèreté et chocs. Tout se mêle, se mélange et se sépare pour mieux se retrouver. Un vrai plaisir visuel !

 

Un joli court nommé « Celles et Ceux des Cimes et Cieux »

D’après Konbini qui évoque le site Open Culture, le joli court métrage ci-dessous a connu un beau succès dans l’archipel nippon :

 

 

Coloré, fluide, inspiré et magnifiquement animé, ce court baptisé « Celles et Ceux des Cimes et Cieux » rappelle le fameux studio Ghibli et quelques-unes de ses plus belles créations (Le Voyage de Chihiro et surtout Nausicaä de la vallée du vent).

Cette bande annonce réalisée par Gwenn Germain, étudiant chez Créapole, aux termes de 5 mois de production intensifs évoque l’histoire d’un jeune garçon tombé de sa ville perchée dans un arbre gigantesque. Echoué dans les profondeurs de la forêt, il y rencontre deux autochtones qui vont l’aider à rentrer chez lui.

The Grandmaster, la claque qui flatte la rétine

The Grandmaster de Wong Kar-wai

 

 

 

Si The Grandmaster a été long à voir le jour – il aura fallu 8 années à Wong Kar-wai pour peaufiner son bébé – l’attente n’aura pas été vaine.

D’abord, visuellement, c’est une claque assez violente. Chaque plan est beau à pleurer et plus si affinités. Ajoutez à cela une musique aérienne aux petits oignons et vous obtenez un petit bijou formel qui se veut plutôt réaliste et donc moins virevoltant que Hero, moins bondissant que Tigres et Dragons.

Ensuite, sur le fond. Si The Grandmaster est formellement réussi, il n’oublie pas de nous conter (de manière assez juste) une histoire finalement tragique marquée par la guerre et les revers de fortune. En l’occurrence, cette histoire, c’est celle d’Ip Man, maître ès arts martiaux, qui a notamment été le sensei d’un certain Bruce Lee. Rien que ça. Du coup, les combats sont légion et superbement chorégraphiés. Forcément, ça parle à mon petit cœur d’aïkidoka.

A noter enfin ce joli clin d’œil à l’excellent Il était une fois en Amérique de Sergio Leone via une séquence où Zhang Ziyi remplace Robert De Niro en train de fumer de l’opium, un sourire se dessinant sur son visage :

Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique

Shia LaBeouf comme un air de Chabat

Au hasard de l’une de mes nombreuses pérégrinations dans le métro parisien – ça peut servir pour aller au boulot – j’ai croisé l’affiche du film Sous Surveillance avec Robert Redford et Shia LaBeouf – il paraît qu’en VF, ça se dit Le Boeuf, va comprendre Charles… Quelle ne fut pas alors ma surprise de remarquer que le jeune acteur US témoignait d’une ressemblance assez frappante avec le cultissime Alain Chabat. Si, si, j’vous jure, regardez plutôt :

 

Le film Sous Surveillance

 

Le film Le Cousin

 

Un hommage assurément ! Du coup, s’il devait y avoir un jour un remake US de la Cité de la Peur – oulala, c’est possible ça ? – il suffirait de contacter Shia « Kara » LaBeouf. Je sens que ça va couper, ou trancher, je ne sais plus !

The Artist – C’est dans les vieux pots…

The-Artist-Michel-Hazanavicius

Hollywoodland. 1927. George Valentin est un illustre acteur du cinéma muet. L’arrivée du parlant va bouleverser sa carrière comme sa vie. Un bouleversement aussi pour Peppy Miller, jeune actrice que George Valentin a poussé sous le feu des projecteurs.

Un film muet tout en noir et blanc en 2011 ?! The Artist, la nouvelle réalisation de Michel Hazanavicius, se caractérise par son postulat assez radical : renouer avec les anciennes recettes du 7e art à l’heure de la 3D. Pour quel résultat ? Sans doute l’un des meilleurs films de cette année qui a le bon goût de rappeler qu’il suffit parfois d’un plan, d’une image pour exprimer mieux que les mots un sentiment, une sensation.

Dans ce décor en noir et blanc, Jean Dujardin et Bérénice Béjo sont tout simplement impeccables. Réjouissants et justes, ils rendent une partition sans fausse note. On notera d’ailleurs la présence aux côtés des deux frenchies de gloires du cinéma US ou pas : John Goodman, James Crowmwell, Malcolm McDowell, Beth Grant,…

Mention spéciale à la « scène de la veste » – pour savoir en quoi elle consiste, allez voir le film^^ – toute en émotion et retenue.

Les Incorruptibles – La partition parfaite de De Palma

The Untouchables US poster

Années 30 à Chicago. Al Capone, parrain de la pègre locale, affronte Eliot Ness, agent fédéral, et ses Incorruptibles, avec comme toile de fond la Prohibition.

Brian de Palma derrière la caméra et Ennio Morricone à la composition musicale, Les Incorruptibles constitue une réussite totale, une maîtrise de l’image exceptionnelle, un enchaînement de plans magnifiques et de scènes totalement cultes.

La double séquence d’ouverture est à ce titre tout à fait parlante : une voix-off plante le décor alors que la scène est filmée du dessus, en plongée. Al Capone est entouré d’hommes, journalistes et molosses, pendant sa séance de rasage. Mais, on rechigne à nous montrer son visage. Ô temps ! suspends ton vol ! Même rythme résolument lent pour la présentation d’Eliott Ness mais avec une mise en scène toute différente. Une femme. Une rareté dans ce film d’hommes. La femme de Ness. Un sourire d’elle fait partir la caméra qui vient se planter derrière son mari et laisse deviner le visage de Kevin Costner. Sublime.

Autres scènes cultes : la « passion » d’Al Capone pour le baseball, la fameuse scène du landau empruntée à Le Cuirassé Potemkine d’Ensenstein, la chevauchée très western à la frontière canadienne, l’opéra/l’exécution de Malone,….

Forcément, Les Incorruptibles bénéficie aussi d’une distribution aux petits oignons sans aucune fausse note.

Bref, un film cultissime. À voir et revoir sans modération.

La Planète des Singes : les origines – Le début de la fin de l’Homme

rise of the planet of the apes french poster

De quoi ça parle ? Un scientifique – James Franco, encore excellent ! – expérimente sur des chimpanzés un produit destiné à réparer les méninges détraquées. Une expérience qui va s’avérer désastreuse pour le genre humain…

Echaudé par les bandes-annonces qui en dévoilent trop et l’affection vouée à La Planète des Singes originelle qui dispose d’un finish juste excellent, j’avoue avoir été agréablement surpris par cette préquelle qui prend le temps de poser le cadre, les gens et les événements qui doivent conduire à l’avènement des primates. On comprend mieux comment on en est arrivé là.

Plus loin, le cheminement de notre héros simiesque humanisé par Andy Serkis apparaît vraiment bien pensé. Interrogation sur sa nature – homme ? singe ? animal domestique ? – intégration parmi ses congénères, rejet de son « humanité », éducation et politisation des autres primates,…Bref, pas mal de matière pour un simple blockbuster de l’été.

En un mot comme en cent, La Planète des Singes : les origines est vraiment très réussi !

Super 8 – La madeleine de J.J. Abrams ?

Super 8 french poster

Un jeune sur son BMX ? E.T. ! Une bande de gamins accompagnés d’une fille jolie ? Les Goonies ! Un tête-à-tête avec une créature venue d’ailleurs, le gros doigt en moins ? Encore E.T. ! Vous l’aurez sans doute compris, il n’est pas difficile de  voir des ressemblances et similitudes entre Super 8, le film de J.J. Abrams, et la filmographie de Spielberg, producteur de ce nouveau projet.

Alors, hommage de J.J. Abrams à son modèle de cinéma ou énième lubie de cinéphiles avertis ? Plus simplement, on peut penser que l’empreinte de Spielberg sur le cinéma de ces dernières décennies a été si grande que l’on voit sans doute un peu de lui partout.  À tort ou à raison.

Pour en revenir à Super 8, bien ou bien ? Personnellement, j’ai trouvé ça très bien ! Ces gamins cinéastes en herbe – ça parle forcément au cœur des amateurs de cinéma – la manière assez fine dont est amenée l’apparition de la créature, le côté oldschool avec l’OST qui va bien – My Sharona !!!! – les clins d’œil aux mordus du 7e art, le bonus post-générique,… Bref, un agréable moment devant l’écran géant !

The Amazing Spider-Man dévoilé

Après la trilogie de Sam Raimi – si ce n’est pas encore fait, voyez le très bon Darkman ! – c’est au tour de Marc Webb de nous offrir sa « vision » de l’illustre Homme-Araignée avec The Amazing Spider-Man. Et, pour bien faire, on reprend tout depuis le début : le Peter Parker à lunettes, l’araignée radioactive, les muscles qui poussent, le déguisement qui moule, les acrobaties vertigineuses,….


Mention spéciale à la séquence en vue à la première personne qui (me) fait méchamment penser à Mirror’s Edge (cf. le billet Flashback – Mirror’s Edge).

Rendez-vous dans les salles obscures l’année prochaine.

Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot – Entre ombres et lumières

Michel Ocelot

Après un bon petit Apollinaire au joli café Le Zimmer, on s’enterre pour voir Les Contes de la Nuit, dernière œuvre de Michel Ocelot. Michel Quoi ? Michel Ocelot ! Le papa de Kirikou ! Mais pas que…

Le pitch ? Un cinéma en ruines où l’on refait le monde à grands coups d’histoires fabuleuses où l’amour tisse sa toile. Forcément, le premier enchantement est visuel avec un parti pris tout simplement sublime entre ombres chinoises et décors flamboyants. Une franche réussite graphique qui fait voyager avec délectation aux quatre coins du monde.

Même si ces contes peuvent sembler un brin naïfs, ils parviennent à rafraîchir l’âme, à nous faire rêver à un ailleurs plein de couleurs. Seul réel bémol à mes oreilles, le doublage un poil poussif ! Autrement, Les Contes de la Nuit, c’est à essayer pour se dépayser. Et, ça n’est pas que pour les enfants ! Si, si, je vous assure, ça fait longtemps que je suis grand ! Enfin, façon de parler…